Deux types de tests de quotient intellectuel sont régulièrement utilisés dans les diagnostics des enfants autistes. Le premier est le WISC, signifiant “Wechsler Intelligence Scale for Children”, le second est le “Raven’s Progressive Matrices”. Pour comprendre le fonctionnement et la signification de ces tests, nous vous détaillons sur cette page les caractéristiques du test de WISC.
En quoi consiste le test de WISC ?
Le test de WISC est un test de quotient intellectuel (QI) pour les enfants. Il se décline en différentes versions dont la dernière, le WISC-5, est utilisée depuis 2017.
Le WISC est un test psychométrique pour enfants en âge scolaire. Il s’agit d’une échelle de Weschler dont les composantes sont adaptables aux différents âges de la vie.
On distingue ainsi 3 composantes du test de WISC :
- Le WPPSI : destiné aux enfants avant l’âge scolaire, c’est à dire de 2 ans à 7 ans et 3 mois.
- Le WISC : utilisé pour les jeunes jusqu’à l’âge de la scolarisation obligatoire, soit de 6 à 16 ans.
- Le WAIS : conçu pour les jeunes et les adultes de 15 ans à 79 ans et 11 mois.
Le WISC est un test exigé par l’Education Nationale et par les classes spécialisées en cas de demandes de dérogation, d’aménagement d’horaires ou de programmes, de saut de classe ou autre pour les enfants présentant des Troubles du Spectre Autistique ou Troubles du Comportement.

Comment se déroule le WISC ?
Ce test psychométrique d’évaluation de Quotient Intellectuel se fait toujours seul, sans les parents. Chose importante, il se passe également en une seule séance.
Les échelles de Weschler sont des tests scientifiquement vérifiés donc standardisés. Cela signifie qu’ils doivent se passer dans des conditions identiques, quel que soit le psychologue et/ou l’enfant. Le test de WISC se compose de 10 épreuves obligatoires, nommées subtests, elles-mêmes composées d’une vingtaine ou trentaine d’items.
Le WISC comporte à ce jour 5 indices répartis ainsi :
- Indice de compréhension verbale
- Indice Visuo-Spatial
- Indice de raisonnement fluide
- Indice de mémoire de travail
- Indice de vitesse de traitement.
Le WISC aboutit à un score de Quotient intellectuel sous forme de chiffre, relatif, et qui donc ne se suffit pas à lui-même.
Comment interpréter les indices du WISC ?
Pour bien comprendre ce que signifient les 5 indices du WISC et ce qui se cache derrière ces tests, nous vous les détaillons ci-dessous :
- L’indice de compréhension verbale
Cet indice est sensibilisé au niveau d’études des parents de l’enfant et de son environnement. Il relève de l’intelligence dite cristallisée.
Très lié à la réussite scolaire, il nous renseigne sur la performance verbale de l’enfant, abstraction faite de ses capacités d’attention, de concentration ou de vitesse de réalisation des tâches demandées. Il est le reflet des connaissances acquises au cours de la vie.
Au sein de l’indice de compréhension verbale est inclus le subtest Vocabulaire, qui met en action la mémoire sémantique. Celle-ci est donc influencée par le milieu socio-éducatif. La difficulté consiste à définir des mots dans un ordre croissant de complexité.
L’autre subtest inclus dans cet indice a pour objectif de définir le lien qui unit deux mots différents.
- L’Indice Visuo-spatial
Cet indice fait appel à l’intelligence « visuelle ». Il consiste à mesurer la capacité de l’enfant à analyser, encoder ou manipuler mentalement ou matériellement des objets ou des formes afin de leur donner une signification.
Le subtest « Cubes » est chronométré. Assez complexe, il s’agit de manipuler les cubes de KOHS, cubes à faces tricolores, avec pour objectif de recréer une figure présentée. Il s’agit de la seule épreuve du WISC à mobiliser du travail manuel.
- L’Indice de Raisonnement Fluide
Cet indice est très sensible au niveau d’études des parents. Il s’agit d’évaluer la compétence du patient dans la résolution de problème, en trouvant la clé logique.
Un subtest compose l’indice de raisonnement fluide, il s’agit du subtest Matrices. IL s’inspire des Matrices de Raven.
Dans cette présentation du WISC qui nous concerne plus particulièrement, pour les personnes avec Troubles du Spectre Autistique, les Matrices de Raven sont l’élément clé de l’évaluation. Ces Matrices sont vivement conseillées par le professeur Laurent Mottron, pour l’évaluation des quotients intellectuels des jeunes avec autisme. Les Matrices de Raven servent en effet à mesurer l’efficience intellectuelle des personnes autistes non verbales.
Il s’agit alors d’observer un enchaînement logique d’images, de symboles, de signes. L’enfant doit alors en extraire la clé logique qui permet de trouver l’évolution des enchaînements afin d’en donner la réponse à la dernière image. Ce subtest fait appel à l’intelligence fluide.
- L’Indice de Mémoire de Travail
Il s’agit d’évaluer le pouvoir mnésique de l’enfant dans un jeu de chiffres présenté verbalement. Le psychologue énonce une série de nombres que l’enfant doit essayer de restituer en ordre direct, ou inversé, pour les replacer en série croissante.
- L’Indice de Vitesse de Travail
Cet indice calcule la rapidité cognitive de l’enfant et accentue sa performance dans les domaines nécessitant de la rapidité d’exécution. Il se dégage de cet indice le degré d’habileté graphomotrice. En faisant intervenir le geste d’écriture, il évalue aussi les dyspraxies. Il existe donc un seul subtest qui consiste à compléter un ensemble de cases vides avec des signes codés dans un temps limité. Très peu relié à l’intelligence générale, ce subtest est vite abandonné par les enfants qui ne s’y intéressent que très peu.
Les différents tests qui composent le WISC sont notés de 1 à 19. En voici les significations :
- Note de 1 à 6 : quotient intellectuel déficitaire
- Note de 7 : quotient intellectuel faible
- Note de 8 à 12 : quotient intellectuel dans la norme
- Note de 13 : quotient intellectuel fort
- Note de 14 à 19 : quotient intellectuel supérieur
Il est alors possible de calculer le Quotient Intellectuel total, limité à 160, comme toujours sur l’échelle de Wechsler. Le tableau ci-dessous, issu du des Éditions du Centre de Psychologie Appliquée (ECPA) par le groupe Pearson, nous détaille l’échelle totale du calcul du Quotient Intellectuel.
Quelles informations sont obtenues avec le WISC ?
Le WISC V, sans sa dernière version, et en intégrant les nouvelles données issues de la recherche en neurosciences explorant les différents processus impliqués dans les apprentissages, permet d’obtenir trois niveaux d’informations :
- L’Échelle Totale : permet de calculer le Quotient Intellectuel Total (QIT) représentant l’aptitude intellectuelle générale.
- Les 5 indices principaux : rendent compte du niveau de performance de l’enfant pour chacune des grandes fonctions cognitives que sont la compréhension verbale, le raisonnement fluide, les aptitudes visuo-spatiales, la mémoire de travail et la vitesse de traitement.
- Les indices supplémentaires : étayent la compréhension de la performance de l’enfant et sont aussi utiles dans des situations cliniques particulières comme les difficultés de langage, le retard intellectuel etc.
Le test de WISC-V permet donc d’obtenir 4 points très importants pour les enfants présentant des Troubles du Spectre Autistique :
- Une évaluation globale du fonctionnement cognitif de l’enfant, dans le cadre d’une évaluation de difficultés ou de troubles des apprentissages, en fonction des résultats standardisés de l’enfant et de l’analyse clinique du psychologue.
- Une évaluation des enfants à profil dit « hauts potentiels » et de leurs particularités.
- Une évaluation du profil cognitif dans le cadre d’un retard de développement ou d’une atteinte cérébrale acquise.
- Une contribution au diagnostic d’un handicap intellectuel (DSM 5).
Pour reprendre ce que l’on pourrait nommer la philosophie de l’examen psychologique, il est vivement conseillé de ne jamais laisser aux données chiffrées le dernier mot dans la conclusion d’un bilan.
Il faut toujours, et c’est une évidence, que les résultats issus d’une échelle, même de la meilleure comme c’est le cas avec le WISC-V, ne demeurent qu’une source d’information parmi d’autres.
N’oublions jamais d’y associer la clinique de l’examen, les entretiens avec le sujet, mais aussi avec sa famille, les échanges avec l’école ou les données transmises par les autres professionnels.
C’est seulement à ces conditions que l’on peut avoir une évaluation fiable de toutes ces données.