On dénombre aujourd’hui environ 700 000 autistes en France, avec un chiffre alarmant d’adultes autistes sans emploi. Il reste donc difficile de donner une vraie place aux autistes dans notre société. Comment y remédier ? Comment valoriser leurs compétences, trop largement négligées ?
Difficultés d’intégration : quelques explications
Tout d’abord, le diagnostic reste largement inaccessible. La plupart des personnes autistes (60 % des enfants et 90 % des adultes) n’ont pas eu de diagnostics correctement posés. Par ailleurs les évaluations fonctionnelles indispensables pour construire les projets d’intervention sont rarement faites.
Les difficultés d’intégration pour les personnes autistes se retrouvent aussi dans le système scolaire : ce dernier ne leur offre déjà pas facilement une place et rares sont les structures adaptées, ce qui compromet déjà leur avenir professionnel.
De plus, les autistes ayant besoin d’être hébergés en structure médico-sociale pâtissent du manque de places, tandis que ceux qui pourraient s’intégrer en milieu ordinaire sont confrontés au manque d’habitats et de milieux communs adaptés.
A cela s’ajoute les représentations négatives, l’incompréhension et le jugement péjoratif dont les autistes sont victimes, principaux freins à une inclusion réussie.

Autisme et employabilité en France
Selon l’institut Amelis (institut investi dans la question de la dépendance), la perception du taux d’emploi des personnes autistes peut être biaisée par une série de phénomènes.
- Un certain nombre de personnes autistes dispose d’un emploi sans savoir qu’elles sont autistes ou sans disposer d’un diagnostic juste. Ce cas de figure se retrouve notamment parmi les femmes autistes du fait du retard considérable pris dans le diagnostic de l’autisme au féminin.
- En ce qui concerne les personnes ayant à la fois un diagnostic et un emploi, ces derniers refusent souvent de communiquer au sujet de leur autisme.
- Une grande partie voire la majorité des autistes en poste le sont au travers de métiers à faible qualification, au travers, par exemple, d’ESAT (Etablissements ou services d’aide par le travail).
Devant cette situation préoccupante, des pistes professionnelles sont en cours de réflexion : certaines compétences propres aux personnes autistes pourraient profiter à divers secteurs (attention au détail, mémoire, rigueur, perfectionnisme etc.) Le cas des autistes Asperger est à citer : attirés par la logique et l’informatique, le haut potentiel de certains d’entre eux trouverait une utilité concrète dans des domaines comme la cybersécurité ou autres métiers très techniques.
Le télétravail peut aussi grandement faciliter l’accès au travail pour les autistes que les relations sociales peuvent rapidement fatiguer. Les métiers en lien avec le domaine de l’autisme sont également des solutions à explorer.
Finalement, ce syndrome doit être reconnu comme une différence plutôt qu’un handicap. Pour aller dans ce sens, des actions en lien avec les véritables besoins commencent à émerger. Il s’agirait notamment de réformer les formations des professionnels, réorienter l’offre médicale et sociale, reconsidérer l’autisme au-delà du seul aspect psychiatrique, et améliorer le soutien aux familles (aide éducative à domicile, etc.).
Source : https://institut.amelis-services.com/handicap/emploi/autisme-employabilite/