Quelles sont les démarches pour effectuer un diagnostic d’autisme, comment se déroule un diagnostic, à qui s’adresser ? Outre le fait de pouvoir détecter des signes d’alertes, nous vous aiguillons vers les interlocuteurs pouvant contribuer à la réalisation d’un diagnostic autisme.

Comment diagnostiquer l’autisme ?
Le diagnostic de l’autisme repose avant tout sur l’observation des comportements de l’enfant et sur l’histoire de son développement que le médecin va d’abord aborder principalement avec les parents.
Cependant la confirmation d’un premier diagnostic ne peut se faire qu’à l’aide d’échelles standardisées qui permettent d’identifier la nature du trouble du développement et son intensité.
On a longtemps hésité à faire passer des « tests » aux enfants présentant des troubles autistiques du fait de leurs problèmes de communication et de leurs troubles du comportement.
L’évaluation de l’enfant pendant le diagnostic de l’autisme, une étape très importante.
Cette étape va permettre de dresser le profil personnel de l’enfant et d’adapter le programme d’accompagnement qui lui sera proposé. Pour assurer un diagnostic fiable, il convient d’effectuer une double évaluation.
- La première évaluation est dite « synchronique » : elle correspond à une photographie à un instant T de la vie de l’enfant. Elle est réalisée sous forme d’un bilan intensif en quelques jours. Elle est donc précise et obéit à des critères standardisés et objectifs.
- La seconde évaluation est dite « diachronique » : elle s’effectue sur plusieurs mois afin d’observer toutes les étapes du développement.
Le professeur Pascal Lenoir nous dit : « Les troubles autistiques se caractérisent par la variabilité importante des comportements, l’irrégularité de l’utilisation des capacités, la dépendance extrême à l’environnement et au contexte. Une photographie à un instant précis ne peut donc résumer le profil de l’enfant. »
Les échelles d’évaluation permettent d’évaluer l’intensité du trouble mais le diagnostic reste de la responsabilité du praticien.
Les symptômes similaires aux troubles du spectre autistique
Avant d’établir le diagnostic d’autisme, il faut être sûr que l’enfant ne souffre pas d’autres troubles dont les symptômes pourraient rappeler les troubles du spectre autistique (TSA).
- La surdité : peut être responsable de l’apparent isolement de l’enfant et de ses retards de langage. Cela ne peut être qu’une apparence car un enfant malentendant peut communiquer d’une façon non verbale.
- Les troubles du langage : les enfants dysphasiques ont des points communs importants avec les enfants avec TSA comme les troubles de la parole ou certaines difficultés de compréhension des sons et du langage parlé. Cependant, contrairement aux enfants avec autisme, ils peuvent communiquer par les gestes et les expressions.
- Le retard mental : peut être à l’origine de certains comportements comme les stéréotypies. Toutefois, il peut y avoir un fort retard mental sans autisme. Il faut donc vérifier les anomalies du comportement social, la communication et les intérêts restreints.
- Dépression et carences affectives : apathie, retrait, refus de contact, etc. Ce sont des anomalies rappelant l’autisme mais qui trouvent leurs origines dans l’environnement de l’enfant. Un environnement amélioré règle souvent ces troubles. Certaines psychoses infantiles, proches de la schizophrénie de l’adulte, sous-tendent des hallucinations, des délires etc qui n’ont rien à voir avec les TSA.
Pour tenter d’établir un diagnostic d’autisme fiable il est conseillé de « croiser » deux types de troubles : d’une part le comportement social et les intérêts, d’autre part la communication verbale.
C’est ainsi que l’enfant autiste présente les deux déficits. Excepté l’enfant Asperger qui présentera peu de problèmes de langage.
Qui peut faire un diagnostic d’autisme ?
Un dépistage ou diagnostic d’autisme peut se réaliser à tout âge : bébé, enfant, adolescent, homme ou femme adulte.
La première étape passe souvent par des soupçons d’éventuels troubles autistiques que les parents détectent chez leur bébé ou enfant. En cas de signes d’alertes, l’idéal est de noter par écrit les les comportements du bébé ou de l’enfant qui peuvent poser question. Les parents, comme l’entourage auquel on associe la famille, les amis, l’assistante maternelle, le personnel de la crèche, le corps enseignant, peuvent rassembler des photos, des vidéos. Ces éléments pourront ainsi être montré au médecin de famille ou au pédiatre et aider dans les étapes du diagnostic de l’autisme.
Une autre étape consiste à se mettre en relation avec une association spécialisée dans les troubles autistiques et échanger ainsi avec les parents ou personnes concernées par l’autisme et les étapes de diagnostic.
La démarche de diagnostic d’autisme fera ensuite intervenir une équipe de professionnels variés comme un : orthophoniste, psychiatre, ORL, généticien, ophtalmologue, neurologue.
Où faire un diagnostic d’autisme ?
Vous pouvez vous adresser à différents interlocuteurs pour réaliser un diagnostic d’autisme :
- Le médecin traitant ou le pédiatre : nous vous conseillons d’aller voir le médecin en qui vous avez le plus confiance et qui soit en réelle capacité d’écoute. Si vos doutes se portent sur votre enfant, décrivez son comportement et le rapprochement plausible avec les signes d’alertes liés à l’autisme. Si vous avez rassemblez des notes écrites, des photos ou vidéos, montrez-les.
- Les médecins spécialistes en libéral ou à l’hôpital, orthophoniste, psychomotricien, pédopsychiatre, neuropédiatre, psychologue formé aux bilans diagnostic de l’autisme.
- Le Centre Ressources Autisme (CRA) de votre région : ce sont des structures médico-sociales publiques ayant vu le jour en France en 2005, et destinées aux proches des personnes présentant un trouble du spectre autistique, et à ces personnes elles-mêmes. Les CRA regroupent des équipes de médecins pluridisciplinaires qui ont pour mission d’informer, de conseiller, de diagnostiquer, d’évaluer et d’orienter les personnes autistes ainsi que leurs proches.
- Les Centres d’Actions Médico-Social Précoce (CAMSP), les Centres Médico-Psychologiques (CMP) et les Centres Médico Psycho-Pédagogiques (CMPP) : ces établissements peuvent être consultés en cas de doute d’un trouble du spectre autistique. Les équipes de ces centres tendent à être formés par les CRA au dépistage et au diagnostic de ces troubles, selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé.
- Les Centres Référents des Troubles du Langage : comme pour les CRA, il existe un centre par région. Les troubles du spectre autistique ne sont pas leur première spécialité mais ils pourront effectuer des bilans pluridisciplinaires qui pourront participer au diagnostic global de l’autisme.