Quelle est l’histoire de la musicothérapie ?
Cette approche de la musique en tant que thérapie, nous devons son élaboration au compositeur Paul Nordoff, diplômé du Philadelphia Conservatory of Music, et le Dr Clive Robbins, à la fin des années 50. L’approche qui porte leur nom se base « sur la croyance qu’une musicalité cachée réside dans chaque être humain, et qu’elle peut être activée au service d’une croissance et d’un développement personnels (Fédération québécoise de l’autisme). De ce fait, ils utilisent l’improvisation musicale pour communiquer avec les autistes, se basant sur le fait que la créativité individuelle est un canal pour surmonter des difficultés émotionnelles, cognitives et physiques.

L’intérêt d’utiliser la pratique de la musicothérapie en autisme
La musique constitue un outil thérapeutique intéressant pour le traitement des personnes avec autisme, lorsqu’elle est utilisée conjointement avec d’autres formes d’interventions reconnues dans une approche dite « intégrative ». En effet, l’expression musicale convoque toutes les fonctions cognitives et touche les zones du langage, de la motricité mais régule aussi les émotions et la motivation. Se connectant à la partie non-verbale de notre cerveau, elle facilite la communication pour des patients qui ont des difficultés dans ce domaine, comme l’autisme.
Quels sont les bienfaits de la musicothérapie en autisme ?
La pratique de la musique dans le soin ou l’éducation des sujets avec autisme semble pertinente puisque celle-ci semble permettre d’améliorer la plasticité et la connectivité cérébrale, comme l’expliquent les chercheurs Habib et Commettras (Habib, M. et Commeiras, C., 2014) Cependant, « il ne s’agit donc pas de contraindre la personne autiste à un entraînement musical avec des consignes imposées, mais de lui proposer des éléments sonores dont elle puisse se saisir pour entrer en relation et trouver une motivation pour la relation » (Trevarthen, 2005).
Quelques raisons qui font de la musique un outil thérapeutique intéressant pour les autistes :
- La musique captive et retient l’attention – elle stimule et utilise plusieurs régions du cerveau.
- La musique structure le temps d’une façon claire et facile à comprendre.
- Elle fournit un contexte agréable et significatif pour les répétitions nécessaires à certains apprentissages.
- Elle crée un contexte social sûr et structuré pour la communication verbale et non verbale.
- C’est un aide-mémoire efficace.
- Elle supporte et encourage le mouvement.
- Elle facilite l’interaction et favorise l’expression de soi.
- Elle s’incruste dans la mémoire et les émotions.
- Elle favorise souvent la progression, puisqu’elle rejoint des personnes de tous les niveaux d’habiletés, tous capables de participer d’une manière ou d’une autre.
*Informations
répertoriées par la Fédération Québécoise de l’autisme
Exemple de bienfaits de la musicothérapie en autisme avec la méthode DOLCE
La méthode DOLCE®, développée par Françoise Dorocq au sein de l’association sur l’autisme APTE après plus de 10 ans de travail et de recherches. Cette méthode d’enseignement du piano aux personnes autistes, de tout âge et de tout niveau d’atteinte par la pathologie, est un succès.
En effet, Mme Dorocq voit la musique comme un outil formidable qui permet à tous d’exprimer leur immense richesse intérieure, en mobilisant les gestes, les sens et l’écoute en partage. Apprendre à jouer de la musique, c’est découvrir les émotions, c’est mettre en œuvre une dynamique d’appropriation de nouvelles connaissances. C’est obtenir un éveil, une évolution afin de faire un pas supplémentaire sur le chemin de la vie.
L’efficacité de cette méthode est avérée :
- la capacité de concentration se trouve améliorée
- les résultats sur l’entité corporelle et la psychomotricité fine sont étonnants
La liste est longue des résultats obtenus, grâce à cette méthode dans laquelle tout passe par le jeu et le plaisir, et permet donc aux enfants autistes de trouver une passerelle entre leur monde et le nôtre.
Références pour en apprendre davantage sur la musicothérapie appliquée à l’autisme
- Couplage gestuelle-voix : vers une recherche de doctorat en musicothérapie axée sur la voix, appliquée à l’autisme de Rachel Labriet-Barthélémy, Sylvain Hanneton et Zoi Kapoula paru dans Revue Française de Musicothérapie, Volume XXXVI, « Les actes, Couplage gestuelle-voix : vers une recherche de doctorat en musicothérapie axée sur la voix, appliquée à l’autisme », mis en ligne le 06 décembre 2017.
- Fédération québécoise de l’autisme consulté le 30 novembre 2018
- Remédiation cognitivo-musicale des troubles de l’apprentissage de Habib, M. et Commeiras, C. (2014). Mélodys.. De Boeck Solal.
- Autisme, motivation en résonance et musicothérapie. Neuropsychiatrie de l’enfance et de l’adolescence. De Trevarthen, C. (2005).